Connaitre l’histoire climatique de la planète rouge grâce à une météorite

Black BeautyAujourd’hui Mars est une planète froide et sèche, mais autrefois elle fut chaude et humide. Pour pouvoir apporter un élément de réponse à la question de la vie passée sur cet astre, ce que nous cherchons surtout à savoir c’est depuis combien de temps Mars est tel qu’il est aujourd’hui.

Des recherches en cours pourraient bien mettre la lumière sur divers mystères de la planète rouge, et peut-être même nous aider à ouvrir la voie à une colonisation future. En analysant les indices chimiques enfermés dans une ancienne météorite martienne connue sous le nom Black Beauty, le professeur Munir Humayun de l’université de Floride en Amérique et une équipe de recherche internationale, ont pu à partir de ça révéler une part de l’histoire du climat martien.

Les scientifiques ont trouvé des preuves de ce changement climatique grâce à des minéraux appelés zircons, parmi les composants de la météorite. Les zircons, qui sont également abondants dans la croûte terrestre, se forment lorsque la lave se refroidit. Une de leurs propriétés est qu’ils restent accrochées à la roche éternellement.

Trouvez un zircon, c’est comme trouver une montre, car il évolue à partir du moment ou il se forme.

L’année dernière, l’équipe de Humayun a déterminé que les zircons dans son échantillon de Black Beauty étaient âgés de 4,4 milliards années. Cela signifie qu’ils se sont formés pendant la jeunesse de la planète rouge et à une époque où celle-ci aurait pu être en mesure de d’abriter la vie.

D’après les premiers résultats de la recherche, nous pouvons conclure que les conditions actuelles sur Mars, sont présentes depuis au moins 1, 7 milliards d’années.

Le secret pour déterminer le passé du climat martien réside dans le fait que les zircons (ZrSiO4) contiennent de l’oxygène, un élément avec trois isotopes. Les isotopes sont des atomes d’un même élément qui ont le même nombre de protons mais un nombre différent de neutrons.

Sur Mars, l’oxygène est distribué dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone, d’ozone et de dioxygène, dans l’hydrosphère (comme l’eau) et dans les roches. Dans la mince atmosphère martienne, la lumière ultraviolette du soleil provoque des changements uniques dans les proportions dans lesquelles les trois isotopes de l’oxygène se produisent dans les différents gaz de l’atmosphère.

Ainsi, lorsque la vapeur d’eau a effectué un cycle à travers l’atmosphère martienne elle se condense dans le sol martien, et peut donc interagir avec l’oxygène et échanger des isotopes de zircons dans le sol, enregistrant  ainsi le climat dans les roches.

Chaude, humide et avec une atmosphère plus dense, les rayons ultraviolets de la lumière ne pouvaient pas passer, donc ne pouvaient produire les isotopes.

Afin de mesurer les proportions des isotopes de l’oxygène présents dans les zircons, l’équipe dirigée par le scientifique Alexander Nemchin, a utilisé un appareil appelé microsonde ionique.

La météorite Black Beauty que l’équipe de Humayun étudie, a été découverte dans le désert du Sahara en 2011. Elle est également connue comme NWA 7533, qui signifie « Nord West Africa » ou Afrique Nord-Ouest, là où elle a été trouvée.

En tout, plus de cinq morceaux de Black Beauty ont été trouvés par des tribus bédouines, qui gagnent leur vie à dénicher des météorites et fossiles dans le Sahara qu’ils peuvent ensuite vendre.

2 réflexions au sujet de « Connaitre l’histoire climatique de la planète rouge grâce à une météorite »

  1. Correction de détail, histoire de remettre les choses dans l’ordre. En préambule, sachez qu’une météorite peend nom de l’endroit où elle a été trouvée, ensroit au sens parfois large, mais lieu néanmoins. Voyez nos célèbres Granès, StSauveur, Orgueil et Agen, tombées sur notre territoire il y a respectivement 200, 150, 100 & 50 ans (« http://www.minerauxetfossiles.com/index.php?page=034 »). Et donc NWA comme indiqué plus haut. Comme « l’endroit » est large et prolifique, la Meteoritical Society fournit un numéro lors de l’enregistrement de l’objet dans la base mondiale. Comme il y a eu plusieurs trouvailles indépendantes, il y a plusieurs « noms », NWA7034, NWA7533 & je ne sais plus. Reconnues issues d’un même objet parent, elles sont appairées, mais gardent leurs « noms » car elles ont pu avoir une histoire terrestre (depuis leur chutes si même elles ont été synchrones, ce qu’on ne sait pas). Quant à Black Beauty, il s’agit d’un « nickname », d’un surnom, donné par NWA7034 pour des raisons médiatiques… Tout ceci pour corriger le  » également connu sous le nom de », car « Black Beauty » est une dénomination totalement inusitée dans la sphère scientifique, des météoritologues aux martiens…

    • (Oups, quelques « typos » oubliées : « prend », « endroit », et « NWA7475 » plutôt que « je ne sais plus », avec « La » référence d’autorité « http://www.lpi.usra.edu/meteor/metbull.php?code=56132″…)

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