Sillonner les Balkans en voyage itinérant au cœur de la nature

Un peu plus de 470 000 kilomètres carrés : c’est la surface sur laquelle s’étend la péninsule balkanique, entre montagnes farouches, forêts profondes et villages accrochés à la roche. Ici, la nature n’est pas une option, mais un pilier du quotidien. Entre Croatie, Monténégro et Roumanie, les Balkans déroulent des paysages dont on ne se remet pas facilement. Et si l’envie de marcher, de respirer à pleins poumons et de toucher la biodiversité du bout des orteils vous titille, il y a de quoi faire. Trois destinations pour ouvrir le bal des grands espaces et des découvertes préservées : cap sur la Croatie, le Monténégro et la Roumanie.

Commençons par un peu d’histoire…

Ici, treize nations se frôlent, certaines entièrement engagées dans la péninsule, d’autres seulement en partie. Depuis l’Antiquité, la région aligne conquêtes et brassages, où Grecs, Albanais et Roumains ont bâti des fondations encore palpables. L’alternance des empires, entre Ottomans et Austro-Hongrois, a égrené des blessures et redessiné les contours nationaux. À la fin du XIXe siècle, le traité de San Stefano confie leur autonomie à plusieurs États, d’autres prennent leur envol après 1945. Aujourd’hui, ce relief politique complexe se lit dans chaque village, chaque accent, chaque usage. Pourtant, un point commun subsiste : la nature. Trois pays jaillissent en tête pour qui veut parcourir de véritables écrins de biodiversité.

La Croatie : le parc national des lacs de Plitvice

Glisser ses pas sur les passerelles de Plitvice fait partie de ces expériences que l’on retient longtemps. Le décor ? Seize lacs cristallins en escaliers, des chutes vives, une végétation qui frôle l’exubérance. La faune répond elle aussi à l’appel : une centaine d’espèces d’oiseaux, des traces de lynx et d’ours que seuls les initiés repèrent, et de vieux genévriers qui abritent toute cette animation discrète. Inutile d’être expert en trek : les boucles et sentiers adaptés offrent à tous le luxe d’arpenter près de 300 kilomètres carrés classés. Pour ceux qui rêvent de peaufiner leur découverte, il suffit de visiter la Croatie avec les conseils du Petit Futé pour trouver astuces pratiques et belles inspirations.

Le Monténégro : le parc national de Lovcen

Ici, le Monténégro combine authenticité montagneuse et héritage tenace. Depuis le village de Guvna, les sentiers conduisent vers d’anciennes maisons de pierre et des chalets de berger qui rappellent la rudesse des saisons passées. En se hissant vers le sommet, le mausolée de Njegos offre une vue sans partage sur les vallées alentour, témoignage de l’histoire et fierté monténégrine. Une carte des itinéraires s’avère précieuse et le droit d’entrée oblige à prévoir une petite pièce de 2€ : rien d’excessif, mais à ne pas oublier avant d’attaquer les lacets.

La Roumanie : le parc national de Retezat

Ici, le parc porte le nom de son massif, terrain de jeux pour montagnards aguerris et contemplatifs. Les cimes, dépassant parfois les 2 300 mètres, dominent des lacs glaciaires installés comme des miroirs dans les vallées. Les Carpates roumaines gardent ainsi une image de bout du monde préservé. Peu cité, le parc national de Retezat existe depuis 1935, né de la volonté du professeur Alexandru Borza. Sa particularité : depuis 1979, il bénéficie du classement réserve de biosphère, une reconnaissance de la richesse inouïe de ses paysages et de sa faune.

Cheminer à travers les Balkans, c’est donner rendez-vous à l’imprévu. Ici, chaque détour de sentier esquisse un autre versant de l’aventure, et chaque sommet, même modeste, laisse entrevoir un monde dont les repères échappent un instant à la routine. Marcher là-bas ne revient pas simplement à découvrir une région, mais à s’ouvrir de nouveaux horizons, inattendus et profonds.