Quelle somme et quelle monnaie emporter pour voyager à Cuba en 2020

Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les devises : Cuba ne joue pas selon les règles du reste du monde. Ici, l’argent change de visage, de nom, et parfois de valeur, au gré des réformes. Avant même d’atterrir à La Havane, c’est tout un jeu de pistes monétaires qui vous attend.

1. Quelle est la monnaie à Cuba ?

Jusqu’au 31 décembre 2020, les Cubains jonglaient avec deux monnaies : le CUP, peso cubain, et le CUC, peso convertible. Depuis janvier 2021, le pays a tranché net. Exit le CUC, qui n’a plus cours légal. Désormais, tout se paie en CUP. C’est la seule monnaie officielle. À l’heure où vous lisez ces lignes, c’est bien le CUP que vous utiliserez, tout comme les habitants.

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Le Peso convertible cubain (CUC), désormais du passé

Le CUC avait la faveur des touristes, mais son heure de gloire est révolue. Il n’est plus accepté nulle part. Méfiez-vous des vieux guides ou blogs qui en parlent encore, ils ne sont plus à jour. La transition n’a pas été immédiate : il a subsisté quelques CUC en circulation début 2021, les Cubains ayant eu jusque juillet pour les échanger. Mais pour un voyageur débarquant aujourd’hui, il ne reste que le CUP.

Le peso cubain (CUP)

Le CUP, ou « moneda nacional », est le billet de tous les jours. Les locaux l’utilisent pour tout, des courses au marché aux transports. Il existe des billets de 1 à 1000 CUP. À retenir : c’est cette monnaie qui vous servira pour payer repas, trajets, souvenirs… Un détail qui peut sauver la mise : le CUP porte le visage d’une personnalité cubaine, tandis que l’ancien CUC n’en affichait pas.

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Reconnaître CUP et CUC : ne tombez pas dans le piège

Impossible de confondre si on sait quoi chercher. Les billets CUP montrent toujours un visage, là où les CUC en sont dépourvus et mentionnent « convertibles en pesos ». Prêtez attention lors des échanges, surtout si vous croisez d’anciens stocks. Ce simple coup d’œil peut vous éviter une mauvaise surprise.

2. Quelle monnaie cubaine utiliser en tant que visiteur ?

Le CUP s’impose pour la majorité de vos dépenses : hôtels, restaurants, musées, transports. Prévoyez toujours quelques petites coupures pour les achats du quotidien : sandwich dans la rue, ticket de bus, marché local. Mais la réalité cubaine ne se limite pas à la monnaie nationale. Les établissements privés, chambres chez l’habitant (« hostales ») ou restaurants familiaux (« paladares »), apprécient aussi les devises étrangères solides, comme l’euro ou la livre sterling. Gardez-en quelques billets pour les pourboires ou une note de restaurant, le geste est souvent bienvenu.

3. Peut-on payer en dollar américain à Cuba ?

Le dollar américain n’a pas la cote sur l’île. Réservé aux habitants dans certains magasins spéciaux, il n’est pas accepté des voyageurs. Même les bureaux de change à l’aéroport ne l’échangent plus contre des CUP. Les cartes liées à une banque américaine ou à ses filiales sont également bloquées. L’astuce : si vous arrivez des États-Unis, échangez vos dollars contre des euros ou des livres sterling avant d’embarquer. Cela vous évitera bien des complications à l’arrivée.

4. Où échanger sa monnaie à Cuba ?

Pour changer vos devises, trois options fiables : la banque, les hôtels, ou les bureaux de change officiels, les CADECA. Ces derniers se trouvent dans les aéroports, centres commerciaux, hôtels et zones touristiques. C’est la solution la plus sûre et transparente pour obtenir des CUP. Attention, les horaires peuvent être réduits et l’attente rallongée, crise sanitaire oblige.

Oubliez l’idée de vous procurer des CUP avant de partir : c’est quasiment mission impossible. Et si par miracle vous en trouvez, la douane cubaine n’en autorise que 2 000 à l’importation. Un contrôle à l’aéroport, et le surplus risque de disparaître dans la poche des autorités.

5. Comprendre le taux de change à Cuba

Le taux de change varie selon la devise que vous apportez et selon l’endroit où vous l’échangez. Les CADECA affichent les taux à l’entrée, souvent sur un écran. Pour calculer votre montant en CUP, multipliez la somme à échanger par le taux d’achat (« Compra/Buy »). Exemple : pour 100 CAD, avec un taux à 18,3451, vous repartez avec environ 1 835 CUP. Notez que les taux peuvent différer légèrement selon que vous changez dans un hôtel, un port ou un aéroport, et qu’ils sont réajustés deux fois par semaine.

6. Gardez l’œil ouvert : attention aux arnaques

Le change « officieux » prospère, surtout à la sortie des bureaux de change ou près des magasins. On vous promet un taux alléchant, une transaction rapide… mais le risque est élevé. Deux scénarios : on vous refile de la fausse monnaie, ou on vous donne des CUC désormais sans valeur au lieu de CUP. De quoi perdre une belle somme en un instant.

Certains voyageurs, en confiance, font appel à leur hôte pour changer une petite somme au taux officiel : cela peut fonctionner, mais à chacun d’évaluer le niveau de risque. Certains hébergeurs ou restaurants privés acceptent aussi directement les devises étrangères. Enfin, gardez toujours votre argent bien protégé, une ceinture banane ou une pochette discrète réduit la tentation pour les pickpockets, surtout dans les grandes villes comme La Havane.

7. Quelle devise étrangère emporter à Cuba ?

Le choix de la devise à apporter a son importance. Pour obtenir le meilleur taux, privilégiez la livre sterling ou l’euro. Voici les principales monnaies que vous pouvez facilement échanger à Cuba :

  • Dollar canadien (CAD)
  • Franc suisse (CHF)
  • Euro (EURO)
  • Livre sterling (GBP)
  • Yen japonais (JPY)
  • Peso mexicain (MXN)
  • Dollar américain (USD)

8. Cartes de crédit ou de débit : utilisables à Cuba ?

En règle générale, oui, à une condition : qu’elles ne proviennent pas d’une banque américaine ou d’une de ses filiales. Mais Cuba reste un pays où le cash prime. Même si vous avez une carte compatible, prévoyez d’effectuer la majorité de vos paiements en espèces. Mieux vaut ne pas compter sur le sans-contact à chaque coin de rue !

9. Les cartes prépayées pour les voyageurs

Depuis juin 2021, Cuba propose des cartes prépayées destinées aux visiteurs étrangers. Émises par la banque BANDEC, elles servent à régler vos achats dans les hôtels, restaurants publics, ou certains magasins. Quelques points clés à connaître :

  • Validité : deux ans.
  • Disponibles dans les points CADECA.
  • Le passeport est requis pour l’achat.
  • Frais de dossier : 5 USD, à régler dans une autre devise.
  • Montants fixes : 200, 500 ou 1 000 dollars américains.
  • Le nom du porteur n’apparaît pas sur la carte.
  • Un code PIN est nécessaire.
  • Impossible d’alimenter la carte depuis un autre compte ou une carte bancaire.
  • Retrait d’espèces possible, mais uniquement en CUP.
  • En cas de perte, la carte n’est pas remplacée.

10. Peut-on retirer de l’argent à un distributeur à Cuba ?

Les distributeurs automatiques existent, mais ils sont loin d’être omniprésents. Cuba compte environ 780 distributeurs, principalement dans les grandes villes et les hauts lieux touristiques comme La Havane, Santiago, Holguin ou Varadero. Les retraits se font en CUP, avec une commission bancaire pouvant osciller entre 3 et 12 %. Anticipez : hors des sentiers battus, trouver un distributeur devient vite mission délicate.

11. Que faire de vos CUP à l’aéroport ?

Depuis mai 2021, les bureaux CADECA n’offrent (presque) plus de service de change dans les aéroports. Le flux de touristes étant faible, l’offre de devises étrangères s’amenuise. Cela peut évoluer, mais dans le doute, mieux vaut échanger vos CUP restants avant d’arriver à l’aéroport. Trois raisons à cela :

  • Les files d’attente interminables au guichet risquent de vous faire manquer votre vol.
  • Il arrive que le bureau refuse certains montants, faute d’avoir assez de devises étrangères à rendre.
  • La réglementation interdit d’emporter plus de 2 000 CUP : au-delà, le surplus sera confisqué.

Quelques détails à garder en tête : selon la disponibilité dans l’aéroport, vous pourriez obtenir une autre devise que celle souhaitée. Les employés refusent souvent les pièces, évoquant des soucis bancaires ultérieurs. Enfin, les billets froissés ou annotés sont généralement rejetés : présentez toujours des billets propres et en bon état.

Mission accomplie ?

Cuba ne se contente pas de bousculer les habitudes du voyageur, elle impose sa propre logique monétaire. À qui prend le temps de décoder le fonctionnement de la monnaie, la route s’ouvre sans heurts. Préparez vos billets, gardez l’œil vif, et vous naviguerez dans ce système unique aussi naturellement qu’un Cubain sur le Malecón.