Le plus ancien film Disney à travers l’histoire

On a beau remonter le fil de l’histoire du cinéma, un constat s’impose : rares sont les œuvres qui ont su marquer autant de générations que les films Disney. L’empire fondé par Walt Disney en 1923 débute par des courts métrages d’animation, avant de s’imposer comme un géant du long métrage. Dès 1937, le studio livre au public son premier film d’animation, ouvrant la voie à une décennie foisonnante, au cours de laquelle neuf longs métrages historiques voient le jour. Depuis, Disney s’est inscrit dans l’imaginaire collectif et continue de produire des œuvres qui inspirent, fascinent et fédèrent.

10. Make Mine Music

Date de sortie initiale :20 avril 1946
Durée :75 minutes
Budget :1,35 million de dollars
Recettes au box-office : 2,25 millions de dollars

Huitième long métrage d’animation Disney, Make Mine Music reste discret dans la mémoire collective. Sa diffusion confidentielle hors des États-Unis, que ce soit en VHS ou DVD, explique en partie cette relative invisibilité. Ce film atypique se compose de plusieurs segments indépendants, tous portés par la musique. L’objectif ? Maintenir l’activité du studio alors que la Seconde Guerre mondiale mobilise une grande partie du personnel, absorbé par des commandes gouvernementales ou appelé sous les drapeaux. Disney doit composer avec des histoires inachevées, mais réussit à réunir neuf séquences aussi diverses que : Blue Bayou, All the Cats Join In, Without You, Casey at the Bat, Two Silhouettes, Peter and the Wolf, After You’ve Gone, Johnnie Fedora et Alice Bluebonnet, ainsi que The Whale Who Wanted to Sing at the Met.

9. Les Trois Caballeros

Date de sortie initiale :21 décembre 1944 (première mondiale au Mexique)
Durée :72 minutes
Budget : informations non disponibles
Recettes au box-office : informations non disponibles

Septième long métrage Disney, Les Trois Caballeros fait la part belle à l’Amérique latine, en mêlant pour la seconde fois animation et prises de vues réelles. L’histoire s’organise autour de Donald Duck, qui découvre des cadeaux venus de ses amis sud-américains, chacun donnant lieu à un segment musical ou narratif distinct. L’inclusion de stars telles que Dora Luz, Aurora Miranda (la sœur de Carmen Miranda) ou Carmen Molina, ancre ce film dans un dialogue culturel inédit à l’époque. Présenté en avant-première à Mexico, il s’inscrit dans la politique de rapprochement menée par Disney avec l’Amérique du Sud.

8. Victory Through Air Power

Date de sortie initiale :17 juillet 1943
Durée :77 minutes
Budget :788 000 $
Recettes au box-office : 799 000 $

Avec Victory Through Air Power, Disney s’aventure sur le terrain du documentaire animé, en adaptant le livre d’Alexander P. de Seversky. Convaincu de la portée du message, Walt Disney investit lui-même dans la production. Le projet, mené tambour battant, vise à diffuser les théories de Seversky sur la supériorité aérienne aux décideurs américains et au grand public. D’ailleurs, le distributeur habituel du studio, RKO, refuse d’en assurer la sortie, poussant Disney à se tourner vers United Artists pour diffuser ce film singulier, le seul du studio à ne pas être sorti sous son label traditionnel.

7. Saludos Amigos

Date de sortie initiale :24 août 1942 (première mondiale au Brésil)
Durée :42 minutes
Budget : informations non disponibles
Recettes au box-office : informations non disponibles

Sixième long métrage d’animation du studio, Saludos Amigos intègre des passages documentaires filmés en Amérique latine. On y découvre des villes modernes, des habitants élégants et une ambiance vivante, loin des clichés. Le film s’articule autour de quatre segments mettant en vedette Donald Duck, Dingo et pour la première fois, José Carioca, le perroquet brésilien au cigare. Présenté en avant-première à Rio, il décroche trois nominations aux Oscars de 1943, dont celle de la meilleure chanson originale pour « Saludos Amigos ».

6. Bambi

Date de sortie initiale :13 août 1942
Durée :70 minutes
Budget :858 000 $
Recettes au box-office : 267,4 millions de dollars

Bambi voit le jour en pleine Seconde Guerre mondiale, distribué par RKO Radio Pictures. Inspiré du roman autrichien « Bambi, a Life in the Woods » de Felix Salten, le film peine d’abord à trouver son public lors de sa sortie. Il faudra attendre plusieurs ressorties, de 1947 à 1988, pour qu’il atteigne les 267,4 millions de dollars de recettes cumulées. L’accueil critique, d’abord tiède, évolue avec le temps : Bambi est aujourd’hui une œuvre de référence, inscrite au National Film Registry depuis 2011.

5. Dumbo

Date de sortie initiale :23 octobre 1941
Durée :64 minutes
Budget :950 000 $
Recettes au box-office : 1,6 million de dollars

Dumbo, quatrième long métrage d’animation du studio, s’appuie sur un scénario conçu à l’origine pour un jouet innovant, le « Roll-a-Book ». Avec seulement 64 minutes au compteur, le film se veut simple et peu coûteux, Disney cherchant à compenser les pertes subies avec Fantasia. À l’époque, seuls Dumbo et Blanche-Neige permettent au studio de dégager des bénéfices avant 1943. L’histoire de l’éléphanteau à grandes oreilles traversera les décennies, jusqu’à inspirer une adaptation en prises de vues réelles signée Tim Burton, sortie en 2019.

4. The Reluctant Dragon

Date de sortie initiale :20 juin 1941
Durée :74 minutes
Budget :600 000 $
Recettes au box-office : 400 000 $

Parmi les productions anciennes de Disney, The Reluctant Dragon demeure peu connu et n’a jamais suscité l’unanimité. Le film propose une visite scénarisée des nouveaux studios de Burbank, guidée par le comédien Robert Benchley, au détour de laquelle on croise quelques figures du studio comme Ward Kimball ou Clarence Nash. L’essentiel du film relève de la prise de vues réelles, seuls quatre courts segments étant animés. Son lancement, coïncidant avec une grève des animateurs, déçoit un public qui s’attendait à une œuvre du calibre de Blanche-Neige ou Pinocchio.

3. Fantasia

Date de sortie initiale :13 novembre 1940
Durée :126 minutes
Budget :2,28 millions de dollars
Recettes au box-office : 76,4 à 83,3 millions de dollars

Troisième long métrage d’animation Disney, Fantasia introduit pour la première fois des séquences filmées en direct. Composé de huit courts-métrages animés mis en musique classique, dirigés par Leopold Stokowski et interprétés par l’Orchestre de Philadelphie, le film représente un pari artistique et technique. Les coûts de production élevés, la fermeture du marché européen due à la guerre et la nécessité d’installer un équipement sonore spécifique grèvent les finances du studio lors de la sortie. Fantasia sera restauré et réédité à de nombreuses reprises, jusqu’à donner naissance à une suite, Fantasia 2000, en toute fin de siècle.

2. Pinocchio

Date de sortie initiale :7 février 1940
Durée :88 minutes
Budget :2 289 247 $
Recettes au box-office : 84,2 millions de dollars

Pinocchio, deuxième grand film d’animation Disney, s’inspire du roman italien Les Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi. Malgré un échec initial dans les salles, l’œuvre devient le premier dessin animé à recevoir un Oscar. Pinocchio décroche deux récompenses : meilleure musique originale et meilleure chanson pour « When You Wish Upon a Star ». Depuis, il est entré dans le patrimoine culturel mondial, intégré au National Film Registry en 1994. Le studio a même envisagé une adaptation en prises de vues réelles, preuve de la longévité de son mythe.

1. Blanche-Neige et les sept nains

Date de sortie initiale :21 décembre 1937
Durée :83 minutes
Budget :1,49 million de dollars
Recettes au box-office : 418,2 millions de dollars

Premier véritable long métrage d’animation Disney, Blanche-Neige et les sept nains fait sensation dès sa sortie au Carthay Circle Theatre en 1937, puis dans l’ensemble des États-Unis début 1938. Avec plus de 8 millions de dollars engrangés à l’époque, le film pulvérise les records et devient un phénomène. Sa popularité ne faiblit jamais : Blanche-Neige reçoit une nomination aux Oscars pour sa musique et sera inscrite au National Film Registry en 1989, consacrant son influence culturelle et artistique. Plus qu’un simple dessin animé, c’est une pierre angulaire du septième art et un repère indélébile dans la mémoire collective. Aujourd’hui encore, la magie opère, preuve vivante que certaines histoires traversent le temps sans perdre de leur éclat.